On me demande souvent pourquoi j’utilise Capture One plutôt que Lightroom. La question est presque toujours formulée comme un match. Je ne vais pas jouer à ça. J’ai vu d’excellents photographes travailler dans les deux. Ce que je peux faire, en revanche, c’est expliquer pourquoi, dans mon flux de travail, Capture One est devenu plus logique.

Ce que je cherche quand je traite un portrait

Je ne cherche pas une retouche spectaculaire. Je cherche une peau crédible. La peau, ce n’est pas “une couleur”. C’est un ensemble de teintes et de micro-transitions. Ça change avec l’angle, un reflet, une zone plus vascularisée, un maquillage, une lumière un peu trop froide ou un mur coloré à côté. Quand ce n’est pas maîtrisé, tu peux avoir un fichier techniquement propre, mais un visage qui sonne faux.

La raison principale

Avec Capture One, j’ai une impression de contrôle plus fin sur les tons chair. Pas dans le sens “ça fait tout tout seul”. Dans le sens “je peux corriger précisément une dérive sans casser le reste”. Je passe moins de temps à compenser des effets secondaires, et plus de temps à ajuster une intention. C’est un point important : je ne dis pas que Lightroom est incapable. Je dis que, dans mon cas et sur mes portraits, Capture One me fait gagner du temps et de la cohérence.

L’avantage discret qui change la vie

Le deuxième point n’a rien de glamour : l’organisation. Capture One me permet de travailler en Sessions. Pour moi, c’est naturel : un shooting = un projet autonome, avec ses RAW, ses sélections, ses exports, ses variantes. Ça évite le grand mélange, ça réduit les erreurs, et ça rend le travail plus simple à reprendre. Lightroom pousse davantage vers une logique de catalogue. On peut s’organiser très bien, évidemment. Mais je trouve que la logique “par job” est plus immédiate et plus propre avec les Sessions.

Quand ce choix n’a pas beaucoup d’intérêt

Si tu fais surtout du mariage ou de l’événementiel, avec des volumes énormes, une bibliothèque construite depuis des années, des habitudes, des presets, une organisation qui tourne bien, alors la question devient simple. Changer d’outil a un coût réel. Il faut rapatrier, réapprendre, reconstruire des réflexes. Si le gain n’est pas évident, le changement est souvent une complication, pas un progrès.

Je n’ai pas choisi Capture One pour “faire comme les pros”. Je l’ai choisi parce qu’il sert mieux ma pratique actuelle. Sur le portrait, je gagne en finesse et en cohérence sur la peau. Et je gagne en clarté de production grâce aux Sessions. Si un jour mon usage change, je n’aurai aucun mal à reposer la question. Un logiciel, ça ne mérite pas une religion. Ça mérite un workflow qui tient la route.